
Stéphanie DOROCHE
(Babalove)
Artiste plasticienne


POINT DE DEPART…
« Sei Shōnagon avait la manie des listes, elle eut un jour l’idée d’écrire la liste des choses qui font battre le cœur. »
Cette citation extraite du film Sans Soleil de Chris Marker fait écho à ma pratique du dessin : une manière de compiler les belles choses, de les nommer, de les ressentir, de s’en souvenir.
Je regarde, je marche, j’arpente. J’enregistre des instants et des lieux en
dessinant : gribouillages, dessins automatiques, croquis.
Beauté de l’instant, du lieu, de la lumière, de la sensation. La pensée se déplie, les émotions cheminent, je mêle le dessin d’observation et le
dessin intuitif, laissant une part à la réalité, une autre à l’imaginaire et l’instinctif. J’aime aussi jouer avec le hasard.
J’utilise plusieurs techniques, en noir et blanc, couleur : aquarelle, encres,
crayons de couleur, stylos feutres…Le papier est le principal support.
Pour certaines séries, des matériaux récoltés — éléments naturels,
tissus, matériaux glanés — sont assemblés ou brodé sur le papier.
Dans d’autres projets, c'est la lumière qui dessine à travers le papier percé.
AXES DE TRAVAIL…
À partir de ces observations — paysages, détails
d’arbres et de fleurs, reflets lumineux, ondes,
constellations— et de ces ressentis, je
recompose.
J’extrais un motif, qui se répète, se transforme, fait
apparaître un rythme, une trame vivante. Le dessin est
souvent un acte répétitif, qui s’apparente à une forme de
méditation. Cette répétition devient une recherche : celle
d’un dénominateur commun, d’un même motif inscrit en
toute chose.
Une dispersion, une envolée, un réseau se dessine entre
veines, racines et fissures, entre corps et terre. Je cherche
le lien.
Souvent, les projets réalisés prennent sens in situ.
L’installation est partie intégrante de mon travail, elle met
en espace cette déambulation entre sensations, pensées et
matières.
